Le bois de Pernambouc est utilisé pour les archets professionnels et ceux des étudiants les plus avancés. L’arbre dont il est extrait (Paubrasilia echinata) pousse dans les forêts de la côte atlantique du Brésil. Il s’agit d’une espèce menacée. Les propriétaires et utilisateurs d’archets peuvent prendre des mesures essentielles pour :
1. Documenter les faits de base concernant le bois utilisé dans leurs archets,
2. Être des consommateurs informés et se conformer aux nouvelles règles relatives aux ventes et achats internationaux,
3. Soutenir les plantations durables de Pernambouc et les efforts de conservation.
Le 5 mars 2026, de nouvelles règles sont entrées en vigueur, imposant des permis CITES pour toutes les ventes internationales d’archets en Pernambouc existants et nouveaux, ce qui nécessite de prouver que le bois a été récolté avant que l’espèce ne soit placée sous protection internationale le 13 septembre 2007.
Les archets peuvent continuer à circuler sans exigence de permis lors du franchissement des frontières internationales pour des concerts, des réparations et d’autres activités spécifiques n’entraînant pas de changement de propriétaire. Si vous envisagez de voyager pour l’un des motifs exemptés, nous vous recommandons d’avoir en votre possession des documents prouvant l’objet de votre voyage afin de pouvoir les présenter en cas de demande des agents aux frontières. Prenez connaissance de nos recommandations détaillées
La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) est un traité qui réglemente le commerce international des espèces animales et végétales. Elle fournit un cadre de coopération et de collaboration entre ses membres (la plupart des pays dans le monde) afin de garantir que le commerce international de spécimens d’espèces animales et végétales soit légal et ne menace pas leur survie à l’état sauvage.
Les espèces concernées sont inscrites dans trois Annexes CITES, chacune prévoyant un niveau distinct de contrôle du commerce. En tant que musicien, orchestre ou ensemble musical, vous savez sans doute que certains matériaux utilisés dans les instruments de musique, comme l’ivoire, la peau de lézard ou le palissandre du Brésil, sont déjà soumis aux contrôles CITES.
Les états parties à la CITES se réunissent tous les deux à trois ans lors de la Conférence des Parties (CoP) afin de réévaluer les contrôles espèce par espèce. Des groupes représentant les parties prenantes du secteur musical participent à ces discussions. La plus récente (CoP20) a eu lieu en décembre 2025 en Ouzbékistan.
Depuis le 13 septembre 2007, le bois de Pernambouc utilisé pour les archets est inscrit à l’Annexe II de la CITES, avec des règles exigeant que tout objet en Pernambouc exporté du Brésil (jusqu’au stade de l’« ébauche d’archet » non finie) ait été récolté de manière légale et durable et soit accompagné d’un permis CITES lorsqu’il fait l’objet d’échanges internationaux.
Depuis le 23 février 2023, un permis CITES est également requis pour tout objet en Pernambouc quittant le Brésil pour la première fois – y compris les archets finis. À partir du 5 mars 2026, un permis CITES est désormais exigé pour toute vente internationale d’objets en Pernambouc dans le monde, tout en exemptant la plupart des voyages de l’obligation de permis. Les règles spécifiques et les mesures supplémentaires que les Parties à la CITES prendront sont décrites dans une déclaration détaillée de la CITES. Les Parties à la CITES ont adopté ces mesures à la CoP20 dans le but de mettre un terme au trafic de bois de Pernambouc et d’archets, protégeant ainsi les populations sauvages de Pernambouc.
Étant donné que la CITES réglemente désormais toutes les ventes internationales d’archets finis, il est prudent d’identifier dès à présent le matériau de votre archet afin de pouvoir prouver que le bois a été récolté dans la nature avant le 13 septembre 2007. La documentation de ces faits est un moyen utile de démontrer que votre archet pourrait être éligible à un permis CITES s’il est un jour revendu dans un autre pays que le vôtre.
Consultez un archetier ou un luthier pour identifier le bois de l’archet. Vous pouvez demander une déclaration écrite décrivant le matériau de l’archet à un archetier ou un expert. De nombreux archets anciens ne comportent pas de marques d’identification de leur fabricant. Dans ce cas, faites tout votre possible pour recueillir les éléments suivants :
– Une expertise instrumentale émanant d’un tiers, datée, indiquant le fabricant, l’année de fabrication approximative et le matériau
– Des photographies permettant l’identification, incluant toute marque ou caractéristique distinctive de l’archet
Les archets fabriqués et situés en dehors du Brésil avant le 13 septembre 2007 (date à laquelle le Pernambouc a été inscrit pour la première fois à l’Annexe II de la CITES) sont considérés comme « pré-Convention » au titre de la CITES, ce qui signifie qu’aucun document CITES historique (par exemple des permis) lié au bois utilisé pour fabriquer l’archet n’était requis. Pour les archets fabriqués après le 13 septembre 2007 en dehors du Brésil, la confirmation que le bois a été exporté du Brésil avant cette date ou qu’il a fait l’objet de commerce international avec un permis CITES ou un certificat pré-Convention peut contribuer à établir son origine légale. Les archets finis exportés du Brésil le 23 février 2023 ou après cette date doivent avoir été accompagnés d’un permis d’exportation CITES valide délivré au Brésil. Si vous décidez de revendre votre archet, votre acheteur vous demandera probablement de fournir les documents mentionnés ci-dessus comme preuve de son origine légale.
Faites tout votre possible pour documenter la date de fabrication de votre archet, ainsi que la date et le lieu d’achat. Bien que les exigences documentaires pour l’obtention de permis varient d’un pays à l’autre, les documents suivants peuvent contribuer à établir la légalité des archets existants :
– Reçu de vente daté
– Police d’assurance datée
– Attestation signée indiquant la date (ou la date approximative) à laquelle l’archet est entré en votre possession en dehors du Brésil
– Déclaration signée du fabricant confirmant que l’archet a été fabriqué légalement.
Établir que vous étiez propriétaire de votre archet avant le 13 septembre 2007 peut être un moyen simple de prouver que le bois a été prélevé légalement dans son milieu naturel. Si votre archet a été fabriqué et vendu après le 13 septembre 2007, vous devrez peut-être contacter le fabricant ou le vendeur et lui demander des documents.
Dans la plupart des cas, les règles applicables à l’achat d’un archet sur le marché intérieur, dans votre pays de résidence, n’ont pas changé. Toutefois, il est essentiel de demander des justificatifs pour tout achat d’archet. La plupart des archetiers sont désormais bien informés du nouveau contexte juridique et savent que les clients recherchent une documentation.
Si vous achetez un nouvel archet en dehors de votre pays de résidence, vous devez vous assurer que les permis CITES ont été obtenus et que l’archet est acheminé vers vous par des points de passage où les autorités peuvent apposer leurs tampons sur les permis. Ces permis tamponnés doivent être conservés comme preuve que l’archet a été acquis légalement. Les mêmes exigences s’appliquent, qu’un archet vous soit expédié ou que vous voyagiez pour l’acheter et le rapportiez vous-même. Pour plus d’informations, contactez votre autorité CITES nationale.
Rappelez-vous qu’un permis CITES n’est pas requis lorsque vous voyagez avec un archet fini, sauf s’il contient d’autres matériaux soumis à des contrôles CITES, tels que la tortue marine ou l’ivoire d’éléphant. Les nouvelles règles concernant le Pernambouc prévoient que les voyages sont exempts de l’obligation de permis pour les « instruments de musique finis et des parties d’instruments de musique finis destinés au commerce à des fins non commerciales, uniquement en vue d’un spectacle rémunéré ou non, d’un usage personnel, d’une exposition, d’un prêt, d’un concours, à des fins pédagogiques, d’évaluation ou de réparation, à condition que cela ne change pas la propriété et qu’un tel transport ne soit pas destiné à la vente, au transfert ou à la cession du spécimen en dehors de l’État de résidence habituelle du propriétaire. »
Si vous envisagez de voyager pour l’un des motifs exemptés, nous vous recommandons d’avoir en votre possession des documents prouvant l’objet de votre voyage afin de pouvoir les présenter en cas de demande des agents aux frontières.
Nous avons tous un rôle important à jouer pour garantir la conservation de l’espèce Pernambouc au Brésil et la santé future de l’écosystème forestier menacé dans lequel elle pousse. Le respect des nouvelles règles et le fait d’être un consommateur informé constituent des premières étapes essentielles.
Informez-vous sur la manière dont vous pouvez soutenir l’Initiative Internationale de Conservation du Pernambouc et ses travaux visant à préserver l’espèce. D’autres informations sont disponibles ici : IPCI Allemagne, IPCI Canada, IPCI États‑Unis, International Alliance of Violin and Bow Makers for Protected Species, informations en français.